PLANS ET MODES D'EXISTENCE (III) - ILLUSTRATIONS LITTÉRAIRES ET ARTISTIQUES - Réflexions préparatoires - Journal d'étude en cours.

Paul Klee — Insula Dulcamara, 1938

Réflexion préparatoire.

J’aimerais éclairer la vision théorique de mes deux derniers billets sur les Plans et modes d’existence par des illustrations tirées de la littérature et des arts. Je crois que la matrice générée par les différents Plans et Modes d'individuation décrits dans le dernier billet (avec leurs variantes !) pourrait être le prétexte d’une véritable étude d'Histoire naturelle, incluant une typologie des Modes de Surexistence.

Telle n’est évidemment pas mon ambition ! 

Je pourrais, plus sagement, restreindre l'analyse à mon cas personnel dans une sorte de geste autobiographique rétrospectif. J’ai bien toute la structure d’une telle réflexion en tête mais, comme je l’ai déjà écrit, le temps de l'autobiographie est passé, s’il y en a jamais eu un pour moi. M’appesantir sur mon passé serait en contradiction avec mes choix existentiels, depuis plusieurs années déjà (voir mon billet La mémoire du soi et l'usager des mots). Quand j'écris philosophiquement c’est sous la poussée de toute la vie d'avant, bloc organique insécable ou à ne disséquer sous aucun prétexte. A présent, seule m’intéresse l’écriture capable de m’engager dans le futur immédiat.

Et mon existence actuelle, plus intériorisée que jamais, plus que jamais resserrée en dépit des apparences, ne vise qu’à me réintégrer dans le monde élémentaire. Ma sérénité est à ce prix et l’intellect m'accompagne dans ce retour au bercail en m’aidant à comprendre ce qui est en train de se passer.

C’est donc à ce mode d’existence là, un mode de Surexistence que je nomme (provisoirement) pré-individuation dans mon dernier billet, que je me limiterai dans le prochain essai. Je chercherai des illustrations littéraires et artistiques représentatives et j’essaierai d’analyser dans chaque cas, et en mobilisant les ressources de la sémiotique Peircienne, de quelle manière s'effectue la rencontre entre l'Éprouvant humain et le Monde élémentaire.

Je convoquerai quatre créateurs que j'ai fréquentés assez régulièrement dans le passé, des guides et des repères pour ma nouvelle traversée existentielle : Maurice de Guérin, Julien Gracq, Paul Cézanne, Claude Debussy. Tous les quatre me semblent avoir représenté dans leurs œuvres les deux modes de Surexistence que je souhaiterais approfondir ici.

Ce billet, initialement consacré au Thème 2 de l'Éthos [Voir page de l’Ethos de Panodia] sera donc à la frontière avec le Thème 5 (L'accession à la Conscience première et les modes d'individuation) et du Thème 4 (La Nature telle qu’éprouvée). Mais il y sera aussi sérieusement question de Canonique puisque (1) je questionnerai la pertinence de la Sémiotique de Peirce dans ce cas particulier et (2) je devrai adopter une définition des Qualia qui soit Panodia-compatible. Il devra y être aussi question de Physique puisque je devrai prendre position sur le contenu exact du concept de Chaos, en respectant la définition qu’en donne la science contemporaine et en y intégrant la fonction qu’il revêt dans les métaphysiques épicurienne et deleuzienne.

On notera que mes résumés antérieurs des essais de Bachelard sur l'Imaginaire des quatre Éléments et de l’Espace ne parlent que de cela [voir Page : Auteurs et Résumés d'ouvrages]. D’une manière érudite, avec un souci d’exhaustivité et d'objectivité, mais sans lien avec le modèle Panodia, que je n'avais pas encore construit, ni avec l'existence personnelle et ses exigences. Les matériaux sont à disposition, dans toute leur richesse, ainsi que mes premières tentatives d'appliquer la sémiotique de Peirce à l'imaginaire de la Matière [voir en particulier mon billet Retour critique sur les méditations de la Terre].

Je crois maintenant avoir correctement posé le sujet. Je ne progresserai pas tant que je n’aurai pas franchi cette étape. Enjeu principal : me mettre dans la peau de chacun des quatre protagonistes de l’intrigue et interpréter leurs options à l’aide du filtre Panodien, perfectionné par cette mise en œuvre elle-même. Je prendrai mon temps ou plutôt je devrai, pour un temps, arrêter le temps. Je note au passage que ce que j'appelle la pré-individuation est conditionnée, pour moi, à une forme de trans-individuation par identification aux auteurs. C’est d'ailleurs tout l’objet du blog.

Plus globalement, je réalise qu’il serait vain, dans cette approche philosophique de l’Éthos, de séparer les thèmes alors que le propos se rapporte à un unique foyer d’expérience et, qui plus est, à une expérience en cours, la mienne.

1/10/26
Jean De Rycke
jean.de-rycke@orange.fr
Cette étude s'annonce longue et semée d'embûches. Avant d'envisager l'écriture d'un essai, je publierai sur cette page même des notes de lecture et des réflexions sous la forme d'un Journal d'étude. J'y déposerai dans le désordre les matériaux identifiés dans le cours de mes lectures, ceci avant toute forme de synthèse.