La formulation de la Canonique et de la Physique de Panodia a atteint un stade jugé satisfaisant du point de vue de l’intelligibilité, de la cohérence rationnelle, de la plausibilité scientifique, et du respect des croyances de base. Ayant consacré de nombreuses lectures spécialisées à la Canonique (Jung, Peirce) et à la Physique (Rovelli, Smolin, Sheldrake), je voulais faire la même chose pour l’Éthos, ou manière dont l'être humain habite le monde, ou encore sa posture fondamentale face à l'existence. C'est bien en effet la finalité d'une doctrine telle que Panodia : le modèle d'intelligibilité du monde doit accompagner le projet existentiel et le porter.
L'Éthos n'est toutefois pas une étape qui commencerait maintenant, une fois la Physique et la Canonique achevées. Il était déjà présent dès les premières formulations du Journal du lecteur. Les trois piliers se sont construits simultanément et se sont progressivement ajustés les uns aux autres afin de former un ensemble. Quand j’élaborais mon discours sur la Canonique et sur la Physique, j’en mesurais, explicitement ou non, la justesse à l’aune de l’Éthos, pilier érigé au cœur de l’existence personnelle.
Il m’appartient donc d’en rendre compte en mobilisant plus que jamais mon propre fonds, à côté de l'abstraction philosophique et synergiquement à elle, matériaux sur l’existence et sur la littérature que j'ai dispersés dans ce blog depuis 15 ans (Journal du lecteur, Résumés commentés, Essais, Billets sur Panodia).
Cela ne m'empêchera de rechercher, en cas de besoin, des lectures complémentaires propres à nourrir la réflexion sur les cinq thèmes - personnels, dominants et indissociables - que me suggère la relecture de mes billets antérieurs, à savoir :
(1) la Mémoire individuelle comme quête inachevable de Signes;
(2) la variété des plans et des modes de l'Existence personnelle;
(3) le primum movens du Désir et la nécessité d'Autrui;
(4) la Nature telle qu'éprouvée : Éléments, Formes, Substance(s);
(5) l'accession à la Conscience première et à l'Indistinction.
Quant à la manière d’exprimer ce nouvel Éthos - que la doctrine en construction a instauré, qui a contribué à instaurer la doctrine, et que le Journal du lecteur avait pressenti en s’appuyant sur une assise philosophique encore fragile, - je pense que l’essai libre pourrait convenir, avec comme souci de préserver la structure thématique et l'ordonnancement des idées. Un Journal philosophique en somme où présiderait l'Idée mais qui laisserait affluer à Elle les souvenirs littéraires et les allusions autobiographiques en tant qu'illustrations vivantes du thème.
Pour parler de l'Éthos de Panodia, j'aurais pu quitter franchement le mode dialectique propre aux billets consacrés à la Canonique et à la Physique. Reprendre en somme le ton et l'esprit de mon précédent Journal du lecteur, fait de pensées détachées inspirées par l'air du temps. Mais mon esprit actuel a d'autres demandes, d'autres exigences. Il veut toujours, par le moyen de la lecture, de l'étude et de l'écriture, comprendre en se faisant comprendre. Je le respecterai. Les pensées autonomes, non pas hors sujet, mais débordant du cadre, sont vouées à conserver le statut erratique. Elles émergeront aussi bien du mode philosophique, qui restera décidément le mien, qu'elles l'auraient fait du mode diariste pur. Je ne les censurerai pas bien sûr, ne serait-ce pour que donner un peu plus de vie à mon écriture. Idem pour les allusions autobiographiques et les souvenirs littéraires. L'idéal étant que l'écriture, en dépit de son assise dialectique, puisse se mouler dans l'amalgame, si difficile à obtenir, de nécessité existentielle, d'intimité et de plaisir.
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