ETIENNE SOURIAU : " LES DIFFÉRENTS MODES D'EXISTENCE " - RÉSUMÉ DÉTAILLÉ - Position du problème - Les modes intensifs - Les modes spécifiques - La Surexistence
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L'ouvrage théorique de Etienne Souriau Les
différents modes d'existence (1943) pose les principaux arguments sur
le thème des Plans et Modes de l'existence, l'un des cinq thèmes de
l'Éthos de Panodia.
Comme pour tous les thèmes à venir, il sera suivi d'un
billet de commentaires personnels sur le livre accompagnés de
réflexions ayant rapport au vécu, puis d'un troisième billet d'illustrations
littéraires (audios de lecture et leur présentation). Une trilogie de
billets par thème, donc.
Ce résumé est détaillé, de manière à être explicite sans
avoir recours au livre lui-même. Il est fidèle à la structure du
texte (j'ai conservé les numéros des scolies) et il est suivi d'un Glossaire explicitant
les termes "techniques" utilisés par Souriau.
J'ai de nombreuses réserves sur ce texte et
son intérêt est peut-être de susciter des réactions, notamment en rapport avec
la vie elle-même. Mais je me suis efforcé d'être neutre dans
le résumé, réservant mes commentaires au prochain billet.
La mise en forme de ce billet a beaucoup bénéficié de
l'assistance de l'IA GEMINI de Google, notamment pour la création
des sous-titres et des nombreux renvois vers
le Glossaire.
Sommaire interactif : Les chemins de l'existence
Ce parcours en quatre étapes invite à traverser l'architecture de l'ontologie d'Étienne Souriau, depuis l'éclatement initial de l'exister jusqu'à l'achèvement métaphysique de la surexistence :
Chapitre I : Position du problème — De la multiplicité des êtres à la pluralité des modes d'existence, cartographiant les grandes attitudes métaphysiques et posant les bases du triptyque de l'ouvrage.
Chapitre II : Les modes intensifs d'existence — L'examen de la gradabilité de l'être, opposant la rigueur de l'existence pure à la dynamique féconde de l'instauration anaphorique.
Chapitre III : Les modes spécifiques et dynamiques — L'exploration concrète des sémantèmes (phénomène, réique, psychisme) et des morphèmes (le monde synaptique, l'événement, l'action).
Chapitre IV : De la surexistence — Le franchissement au second degré vers l'unité plurimodale, éclairé par le pâtir du surexistentiel et l'éthique de l'instauration.
CHAPITRE PREMIER : POSITION DU PROBLÈME
§ 1. La question fondamentale de la multiplicité de l'exister
Ces interrogations convergent vers une question centrale et englobante : y a-t-il plusieurs manières d'exister ? L'acte d'exister se décline-t-il en de multiples espèces, au-delà de la simple multiplicité des êtres dans lesquels il s'incarne ?
Souriau ouvre sa réflexion par une série d'interrogations sur l'existence d'entités hétérogènes : la pensée, la matière, Dieu, des figures de fiction (Hamlet) ou des impossibilités mathématiques et botaniques (la racine carrée des nombres négatifs, la rose bleue). Il ne suffit pas de répondre par l'affirmative ou la négative à l'existence de chaque élément pris isolément.
§ 2 - 3. La tentation du monisme et la résurgence des modes
Dès que l'on supprime cette clé de voûte panthéistique, ce n'est pas tant le monde qui se divise, c'est l'exister lui-même qui éclate en espèces multiples.
La philosophie a toujours laissé cette question ouverte, mais les systèmes philosophiques sont souvent biaisés par les désirs de leurs auteurs. Lorsqu'un penseur désire l'unité absolue de l'être, la multitude des choses vulgaires s'estompe pour se regrouper par tribus (les corps, les idées, les possibles) et se fondre en un être unique. C'est le cas de Spinoza, qui unifie l'existence dans une substance unique, mais doit aussitôt la cliver en une infinité d'attributs (pensée, étendue) pour rendre compte de l'infinie richesse du réel. D'autres penseurs placent cet unique au-delà de l'existence : Maître Eckhart prie pour être quitte de Dieu au profit d'un « être sans être » supérieur, et Plotin refuse d'appliquer le verbe exister de façon univoque, allant jusqu'à dénombrer neuf genres distincts d'exister.
§ 4 - 5. Le balancement inverse : la multitude des êtres et l'unicité de l'existence
À l'inverse, ceux qui reconnaissent une myriade d'êtres distincts tendent paradoxalement à uniformiser leur mode d'existence.
Les atomistes (Épicure, Gassendi) divisent l'être à l'infini, mais tous ces atomes existent d'une seule et même manière (fondée sur l'antitypie et l'insécabilité). Leibniz illustre parfaitement ce balancement philosophique : d'un côté, il réduit l'univers au type unique de la monade ; de l'autre, en partant de l'« unité primitive », il réintroduit une multiplicité existentielle en distinguant le contingent du nécessaire, le créé de l'incréé, le possible de l'actuel, le règne physique de la nature et le règne moral de la grâce.
§ 6 - 8. Les quatre grandes attitudes métaphysiques
Souriau systématise ces observations en distinguant rigoureusement la multiplicité des êtres de la multiplicité des manières d'exister, ce qui génère quatre configurations possibles : le pluralisme ontique combiné au monisme existentiel ; le monisme ontique combiné au pluralisme existentiel ; le monisme intégral ; le pluralisme intégral (ou polyréalisme).
- Le pluralisme ontique combiné au monisme existentiel : Multiplier les êtres tout en uniformisant leur manière d'exister (ex. : les atomistes).
- Le monisme ontique combiné au pluralisme existentiel : Unifier le substrat tout en admettant plusieurs espèces d'existence (ex. : le panthéisme).
- Le monisme intégral : Affirmer à la fois l'unité stricte de l'être et l'unicité du mode d'existence (ex. : les Éléates, les Mégariques).
- Le pluralisme intégral (ou polyréalisme) : Reconnaître de multiples êtres possédant des genres d'existence totalement indépendants et sans lien entre eux (ex. : le fidéisme de Schleiermacher séparant la sphère religieuse de la sphère scientifique). Derrière ces architectures se cachent des espoirs secrets : les atomistes cherchent à abolir les êtres spirituels ou moraux, tandis que les pluralistes conçoivent un univers « à double fond » pour sauver les objets de la religion ou de l'espoir métaphysique face à la science.
§ 9 - 14. Les immenses enjeux cosmiques et anthropologiques
Le problème est crucial. L'affirmation qu'il existe un ou plusieurs genres d'existence modifie radicalement la face de l'univers et la destinée humaine.
Sur le plan cosmique : Si les modes d'existence sont multiples, le monde est vaste, nécessitant des explorations vers des dimensions intemporelles, subjectives, virtuelles ou transcendantes, culminant peut-être dans une lumière blanche de surexistence. S'il n'y a qu'un mode, le monde est certes rassurant et rationnel, mais la moindre apparition d'une donnée irréductible (comme la nécessité du qualitatif face au quantitatif pur) suffit à faire craquer ce système.
Sur le plan humain : Si l'homme existe sur plusieurs modes (biologique, perceptif, spirituel, à la manière de Maine de Biran), sa réalisation est complexe et riche. Si l'existence est unique (comme dans une stricte dialectique matérialiste), la réalité humaine est amputée de ses « points à l'infini ». À travers les exemples du physicien confronté au statut du quantum, du poète s'interrogeant sur la réalité de sa muse (l'Éternel Féminin), ou de l'homme cherchant son moi idéal, Souriau pose la question pratique décisive : quels êtres devons-nous admettre comme positifs, et sur quel registre de réalité s'appuyer pour vivre sans laisser de riches possibilités existentielles en friche ?
§ 15. Revue historique des distinctions existentielles
Plutôt que d'accumuler un catalogue chaotique de vocables (acte-puissance, aséité, Dasein, etc.), Souriau dresse un rapide panorama historique de la question.
De la pensée primitive à Platon (qui invente le non-être comme « être-autrement ») et Aristote (puissance-acte). Du Moyen Âge (foisonnement des modes et querelle des universaux, univocité de Duns Scot contre l'analogie thomiste) aux degrés intensifs chers aux néoplatoniciens et aux gnostiques. Des clivages de Descartes (substances) et de Berkeley (âmes-idées) aux catégories de Kant (phénoménal-nouménal). Jusqu'à l'aboutissement contemporain de la phénoménologie et de l'existentialisme, qui mettent temporairement l'essence entre parenthèses pour multiplier les modes d'existence conçus non comme de simples attributs, mais comme des voies dynamiques, des conditions spécifiques, ou des actes d'intentionnalité constituante.
§ 16. Le triptyque du problème (Plan de l'ouvrage)
Face à ce foisonnement historique, Souriau dégage l'urgence d'un classement méthodique. Il divise ainsi son problème en trois axes majeurs, qui constitueront l'armature du livre :
Les modes intensifs : Déterminer si l'existence admet des degrés (exister peu, beaucoup, absolument) avant même d'en examiner l'espèce.
Les modes spécifiques : Analyser les espèces d'existence selon deux méthodes complémentaires : examiner l'existence investie dans des êtres stables (les sémantèmes de l'existence) et étudier l'existence dans les passages et liaisons entre les êtres (les morphèmes de l'existence).
L'unification : Explorer les possibilités de réconciliation de ces modes à travers le concept de surexistence.
CHAPITRE II : LES MODES INTENSIFS D'EXISTENCE
§ 17. L'idéal de la plénitude et la question des degrés
Souriau interroge une aspiration métaphysique courante : l'existence est-elle une valeur susceptible de variations ?
Peut-on exister « pleinement », ou bien n'exister qu'à moitié, dans un « brouillard d'irréalité » ? Si la plupart des êtres (pierres ou âmes) semblent égaux dans le simple fait d'être, l'expérience humaine de la « demi-existence » pousse à se demander si l'existence est une propriété graduable, une intensité susceptible de plus ou de moins.
§ 18. La thèse des rigoristes : La loi du Tout ou Rien
Souriau expose d'abord la position des esprits « rigoristes ». Pour eux, l'existence n'est pas un domaine de nuances ou de demi-teintes. Ils rejettent les « limbes intermédiaires ». On est dans l'être, ou au dehors ; on possède l'existence, ou on ne l'a pas.
Ce qu'on prend pour des « degrés » d'existence est, selon eux, une confusion :
- Soit une erreur de perspective confondant le quantitatif extensif (la richesse, la multiplicité des atomes ou des idées contenues) avec l'existence elle-même.
- Soit une confusion avec des faits logiques ou sociaux (l'extension d'un concept biologique, par exemple).
Pour ces esprits, comme le rappelait Parménide, le non-être ne peut entraver l'être : tout être est pleinement accompli. Cette position aboutit à une logique du Tout ou Rien (oppositio medio carens), typiquement pascalienne (Dieu est, ou il n'est pas ; il faut parier).
§ 19. La thèse des esprits tendres : Le possible et l'émergence
À l'inverse, Souriau décrit les philosophes « tendres », plus souples, qui admettent des intermédiaires entre l'être et le non-être. Ils intègrent dans le réel des notions comme la puissance (chez Aristote), le possible, ou l'émergence (chez Whitehead ou Lloyd Morgan).
Bien que cette position soit parfois floue et mélange deux problèmes — la pluralité des modes d'existence et l'idée d'une existence « faible » —, elle correspond à une nécessité ressentie : celle de discerner dans le présent des linéaments d'un futur prêt à émerger.
§ 20. Le Cogito et la distance à l'archétype
Le problème de l'intensité se cristallise dans le Cogito. Si Descartes le pose comme une évidence indissoluble, la réflexion ultérieure transforme cette donnée : en séparant la pensée de l'existence, on mesure la pensée actuelle par rapport à une pensée parfaite (archétype).
Cette distance devient une « abscisse » et une « ordonnée ». L'existence devient alors mesurable. Elle n'est plus absolue, elle est référée à un terme de comparaison (Dieu, ou une lucidité idéale).
§ 21 - 22. Existence comparée et quantité extensive
Ces degrés de ressemblance (l'homme comme image imparfaite de Dieu) relèvent, selon Souriau, d'une vision platonicienne hiérarchique. Cette hiérarchie n'est pas intensive, mais extensive : on distribue de l'être et du non-être comme on mesure des ingrédients.
Même chez Kant ou dans l'existentialisme moderne, ces « degrés » ne sont que des effets de distance par rapport à un idéal d'accomplissement. L'intensité n'est qu'un effet de perspective résultant de la comparaison entre deux statuts d'existence.
§ 23 - 26. La recherche de la pureté existentielle
Souriau pose un défi : peut-on éprouver l'existence sans ces systèmes de référence ? Pour saisir l'intensité intrinsèque, il faut se débarrasser des circuits par d'autres plans.
Il faut atteindre une « pureté existentielle » où, dans un doute réel et tremblant, on accepte de répondre par « non » ou « à peine » à la question « Suis-je ? ». Cette interrogation terrible ne doit pas renvoyer à une mission ou à un autre être (Dieu), mais à la présence nue ici et maintenant.
§ 27 - 29. L'épreuve du fantôme et la fin du doute
À travers la fable du fantôme qui s'évanouit dès qu'il perd sa mission (son « autre »), Souriau montre que l'existence « en soi » est souvent tenue par un autre.
Mais, au-delà de ce vacillement, même une douleur infime, si on la ramène à elle-même, est une « réalité » consistante. Les variations de force ou de faiblesse ne divisent plus l'existence, elles la constituent. Ce qui est, est, et occupe entièrement son existence pure.
§ 30 - 32. Existence pure vs Facteurs de réalité
Souriau distingue alors nettement deux choses : L'existence pure et Les facteurs de réalité.
- L'existence pure : Elle est, indécomposable, sans degré. L'instance éléatique y est valable.
- Les facteurs de réalité : Ce sont les éléments (clarté, ordre, consistance, chosalité) qui permettent de dire qu'une existence est plus ou moins « réelle » ou « riche ». Il ne faut pas confondre ces facteurs de réalité avec des « facteurs d'existence ».
§ 33 - 34. L'instauration anaphorique
L'exemple du sculpteur (la glaise qui devient statue) illustre le mouvement anaphorique. Ce n'est pas la glaise qui « existe de plus en plus » ; c'est une nouvelle modalité (l'œuvre d'art) qui vient s'instaurer.
L'existence terminale est une invention, une nouveauté. Ce mouvement est « plurimodal » : il exige la coïncidence de deux modes. L'intensité existentielle n'apparaît qu'au second degré, dans cette architecture complexe qui fait varier la présence d'un être vers son maximum.
§ 35 - 36. Conclusion sur l'art d'exister
L'instance éléatique reste la règle pour l'existence pure (premier degré), tandis que la « surexistence » et les variations intensives relèvent du second degré (l'art de mettre au point et de réaliser).
Chaque mode d'existence est, en soi, un art de vivre. Il ne s'agit pas de viser une existence absolue, mais d'exercer notre pouvoir d'instauration pour faire passer des réalités du non-être à l'être, par nos propres forces ou celles d'autrui.
CHAPITRE III : LES MODES SPÉCIFIQUES ET DYNAMIQUES
§ 37-38. La primauté et l'énigme du phénomène
Le mode phénoménique est le plus manifeste de tous les statuts existentiels : il est présence, éclat, une donnée « non repoussable ».
Contrairement à ce que suggèrent certains penseurs, il ne s'agit pas d'une existence « obscure » sur laquelle viendrait se greffer une lumière, mais bien de l'existence à l'état lucide et « incendiaire ». Ce statut n'implique nullement le phénoménisme (l'idée qu'il n'y a que des phénomènes). Souriau rejette cette réduction. Cependant, le phénomène pose un problème : est-il isolable ? N'implique-t-il pas toujours, derrière lui, une substance, une essence ou un « Je » témoin ?
§ 39-40. La structure architectonique du spectacle
Le phénomène est une victoire sur le « doute » et l'« absence ». Contrairement à la réduction phénoménologique (Husserl), Souriau insiste sur son immédiateté : le phénomène pose ses propres conditions de réalité.
Face à un paysage printanier, Souriau montre que notre perception n'est pas un simple accès à des données brutes, mais une « architectonique » : la solidité du spectacle tient à l'harmonie, à la structure et à l'art intérieur qui le constitue.
§ 41-43. Sensation, affect et loi d'éclat
Souriau introduit ici la loi d'éclat : la « présence » (la patuité) du phénomène n'est pas un don gratuit, mais le résultat d'un art maîtrisé de l'être.
La sensation n'est qu'une forme « impure » et bruyante du phénomène. La phénoménalité pure se trouve mieux dans l'affectif ou dans les lueurs de la pensée pure. Cette « incandescence intégrale » constitue le mode d'existence phénoménique.
§ 44-45. Le plérôme phénoménal et l'étalon d'existence
Le phénomène pur n'est pas un atome simple, mais une structure ouverte sur d'autres modes. Il sert de modèle, d'étalon d'existence pour tout le reste.
Les phénomènes forment un plérôme (un ensemble complet et harmonieux). Il existe des points de lucidité, des « signatures » égoïques qui permettent à plusieurs moi de communier dans un phénomène commun.
§ 46-47. La chose et le statut réique
La chose (le statut réique) se définit par son identité numérique à travers ses apparitions.
Souriau utilise une métaphore géométrique : la chose est comme une aiguille traversant un ruban plissé. Si l'observateur ne voit que les trous sur le ruban, il croit à des choses séparées ; mais il n'y a qu'une seule entité traversante. Le mode réique est cette présence indifférente aux collocations spatiales et temporelles.
§ 48-51. Les entités rationnelles et la condition du corps propre
Les entités rationnelles (théorèmes) s'intègrent à ce statut réique par leur essence immuable.
Pour les choses singulières (Socrate, Durand), la condition est plus dure : elles doivent obéir à des lois de vraisemblance, de déplacement et d'histoire. Le corps propre occupe une place privilégiée, agissant comme une « tête de pont » du phénomène sur le cosmos des choses réiques. Il est le « chef-d'œuvre » de l'enfant qui commence à s'extraire de la seule phénoménalité.
§ 52-54. Le statut des psychismes
Les psychismes sont des êtres « monumentaux » qui possèdent une organisation architectonique et une identité personnelle.
Leurs subversions et leurs blessures (oubli, amnésie) sont les indices de leur mode d'existence spécifique. L'âme est une structure harmonique ; la concevoir sur le modèle de la chose matérielle est une erreur, mais nier sa structure « ontique » (sa permanence formelle) serait une erreur encore plus grave.
§ 55-61. Imaginaires, possibles et existence sollicitudinaire
Il y a une « existence sollicitudinaire » : des êtres qui n'existent que par le souci, le désir ou l'espérance que nous leur portons.
L'imaginaire ne flotte pas dans le vide : il est suspendu à un phénomène de base. Le possible n'est qu'une variété de l'imaginaire, une « stylistique » particulière de celui-ci : la conformité gratuite à des lois cosmiques que nous empruntons au réel.
§ 62-65. Le virtuel et le nouménal (le défaillir de l'existence)
On aboutit à la pure lexis : le résidu ultime d'un système de relations dont on a retiré l'acte d'exister. C'est une « privation d'existence » qui nous place devant le néant.
Le virtuel est un « conditionnement conditionné » : il a besoin d'un fragment de réalité étrangère (sa formule évocatoire) pour exister. Le nouménal (kantien), lui, pose le problème de la limite : si l'on cherche à l'isoler totalement du phénomène, l'existence défaille.
§ 66. L’exigence d'une découverte positive
Souriau pose d'emblée qu'on ne peut éluder la question de l'existence transcendante. Toutefois, il refuse la démarche consistant à projeter l'ontique dans un vide conceptuel, dépouillé de tout ancrage phénoménal ou expérimental.
Il s'oppose à la démarche de nombreux métaphysiciens (et de la phénoménologie, représentée par les travaux de Maximilien Beck sur l'existence idéelle) qui crée une « famine métaphysique ». À cela, il oppose la nécessité d'« inventer » — au sens archéologique de découvrir un trésor — des modes d'existence positifs et concrets capables de donner corps à nos spéculations.
§ 67. La prétention d'un exister autonome par la structure
Peut-on trouver cette transcendance sans sortir du cycle déjà parcouru, simplement en se passant de l'ancrage phénoménal de départ ? Les êtres ne possèdent-ils pas une structure de relations qui suffirait à définir leur existence ?
L'exemple le plus saisissant de cette prétention est l'argument ontologique appliqué à l'essence divine. Si Dieu est posé comme une essence qui, par définition, dépasse et exclut toute manifestation directe dans les cadres de l'expérience phénoménale, son exister se définit précisément par cette impossibilité de s'incarner. Dès lors, poser cette essence divine, même de manière problématique, reviendrait à poser un mode d'existence intrinsèquement transcendant.
§ 68. La réfutation de la pure abstraction et l'exigence de comparution
Souriau tempère cette illusion : ce à quoi nous assistons n'est qu'une » revendication d'existence ». Des structures vidées de leur substance existentielle pour n'être plus que de la lexis réclament qu'on leur restitue ce qu'on leur a enlevé. Le véritable besoin de transcendance exige une véritable comparution de l'être.
Pour la majorité des essences réelles (entités mathématiques, le moi), il n'est nul besoin de recourir à une modalité transcendante ; il suffit de les « rabattre » dans le monde où elles s'incarnent naturellement. Pour que l'argument ontologique soit valide, il ne doit pas être un saut logique abstrait, mais le passage réel d'un mode d'existence à un autre (par exemple, d'une existence virtuelle à une existence actuelle). Cela exige que l'être divin soit mis en cause, en action, rendu présent (à l'image de Job sommant Dieu de comparaître).
§ 69. La fausse transcendance : le changement d'ordre
Si l'on se contente d'évoquer un simple passage de l'ordre de grandeur humain à un ordre supérieur, nous n'atteignons pas une transcendance existentielle (une extériorité d'être), mais seulement une transcendance morale ou de valeur.
Cela ne nous dit pas si ce divin possède une base purement humaine ou s'il s'agit d'une extériorité réelle. Pour fonder une véritable transcendance impliquant une extériorité existentielle, d'autres opérations métaphysiques sont requises.
§ 70. Premier essai thématique : le rapport interontique de l'action et de la passion
L'expérience intime d'être affecté ou malaxé par le divin implique logiquement l'existence d'un Agent extérieur. Ici, la transcendance se réalise sous la forme d'un rapport interontique.
S'appuyant sur l'axiome classique (issu de la scolastique et repris par Descartes) selon lequel toute passion suppose une action, l'existence n'est plus logée dans une entité isolée, mais dans la relation elle-même, c'est-à-dire dans un investissement morphématique relevant de la catégorie de la communauté ou de la réciprocité (le Miteinandersein).
§ 71. Deuxième essai thématique : la transformation architectonique de l'existence pour-soi
Dans la relation religieuse, la transcendance est atteinte par la réalisation vécue et active d'une transformation architectonique du rapport : on passe du système « Dieu pour moi » au système « moi pour Dieu ».
Souriau qualifie cette opération de transcendantalisation. Elle réalise activement une modification du rapport de subordination des éléments sans en changer la substance. Il illustre cette idée par la métaphore musicale de la modulation enharmonique : les mêmes notes (éléments relationnels) changent subitement de fonction et de tonalité générale, transformant tout l'équilibre intérieur de manière kaléidoscopique.
§ 72. Conclusion : la transcendance comme fait de passage
Souriau conclut fermement : l'existence transcendante n'existe pas en soi à titre de mode d'existence autonome. En revanche, il existe des faits de transcendance, c'est-à-dire des processus de passage d'un mode à un autre.
Pour qu'une entité transcendante problématique existe, il faut qu'elle reçoive un investissement d'existence réel ; la transcendance n'est pas modale en elle-même. La réalité et l'existence s'investissent directement dans le passage, dans la liaison, c'est-à-dire dans l'intermonde de l'existence ontique. C'est le règne des liaisons (ou encore du synaptique).
§ 73. L'analogie philologique : sémantèmes et morphèmes de l'existence
Souriau réintroduit une comparaison avec la linguistique : la première section du chapitre correspondait aux sémantèmes existentiels (les substantifs, les adjectifs) ; la présente section explore les morphèmes existentiels (qui expriment les rapports, les liaisons entre les représentations).
Il pose alors la question de la légitimité de cette pluralité. L'existence humaine est fragmentaire, discontinue, lacunaire ; elle s'ébauche en de multiples points d'une manière toujours surprenante (chaque incipit). L'étonnant est qu'il existe finalement si peu de modes d'existence fondamentaux répertoriés par l'expérience humaine. Cette pauvreté tient à la « paresse » ou à l'indigence d'une imagination ontagogique (l'énergie spirituelle directrice qui conduit l'être vers son instauration) qui se contente de répéter quelques grands types d'œuvres (cathédrales, symphonies, poèmes). C'est précisément cette pauvreté qui justifie le besoin de tenter l'Autre : une évasion dynamique hors des « notes tonales » de l'ontique, introduisant des « notes de passage » et le dynamisme de l'accord dissonant pour remettre l'existence en mouvement.
§ 74. Expérience de pensée : un univers sans êtres ontiques
Pour concevoir la subversion radicale qu'implique le règne des morphèmes, Souriau propose une expérience imaginative : si nous ne prenions pour seule réalité que les passages eux-mêmes (les morts, les naissances, les sublimations, les fusions et les séparations) ?
On obtiendrait un univers dynamique, sorte de vie divine panthéiste mais sans étants, un drame immense ou un cérémonial d'actes mystiques où les êtres ne seraient que des accessoires implicites, des fictions ou des ombres de jeu d'enfant. Celui qui meurt comprendrait alors que sa mort n'est pas la fin temporelle d'une substance, mais sa participation virtuelle à la réalité d'un drame mystique plus vaste.
§ 75. L’événement comme absolu d'expérience et la patuité du fait
Dans un tel monde, l'événement ou l'advenir (das Geschehen) prend la même place fondatrice que celle accordée au phénomène. Ce qui fait sa grandeur, c'est sa patuité (son caractère d'évidence manifeste, éclatante et irréductible) : il est « ce qui a lieu ».
Si je lâche un verre et qu'il se brise, l'esprit peut certes réduire cet acte à une essence abstraite, mais cela n'ôte rien au donné brut : ici, en ce moment, le verre se brise. C'est l'advenue irréparable, exprimée grammaticalement par la verbalité. C’est ce que Descartes pressent sans le saisir pleinement dans le Cogito : au-delà du moi et de la pensée, il y a le fait même du « Je pense » dans son advenue active. L'accès direct au fait, c'est l'efficace (la force de réalisation de l'acte).
§ 76 - 81. Le monde synaptique et la grammaire de l'existence
Dans le monde du synaptique (le règne des liaisons, des connexions et des transitions), les conjonctions et les prépositions (les « et alors », « parce que », « pour ») sont les véritables existences.
Souriau dresse un parallèle grammatical complet : les sémantèmes (phénomène, ontique) et les morphèmes (synaptique, événement, verbe).
La structure temporelle (§ 77) : le temps se résout en une vection (vecteur de passage), située dans l'entrefaite (l'intermonde entre l'instant qui part et celui qui vient).
La réciprocité (§ 78) : l'existence est située directement dans l'acte même de l'action commune ; les deux termes n'existent que relativement à cette relation.
La causalité (§ 79) : elle possède une réalité existentielle supérieure aux éléments qu'elle relie, opérant comme un « tiret » d'union.
Les modulations d'orientation (§ 80) : l'existence ne réside ni dans l'homme, ni dans le monde, mais dans le pour ou le contre.
La copule du jugement (§ 81) : Le mot « est » affirme uniquement l'existence de la synapse (le lien d'inhérence).
§ 82 - 83. Le choix existentiel majeur : le Rêve ou l'Action
Cette opposition correspond à une option existentielle concrète : le Rêve (l'ontique) où l'homme pose un décor d'êtres stables, ou l'Action (le synaptique) où l'ontique se dissipe comme un fantôme. Chaque tentative est un parti pris absolu et définitif.
S'établir dans l'Action exige le sacrifice effrayant de la stabilité de soi-même et du monde. Entrer dans l'action exige de renoncer à la philosophie, de fermer les livres et d'entrer dans une aventure où l'événement devient la seule substance. Face au bris du monde, on peut se réfugier dans le rêve ou la contemplation ; ou bien prendre l'outil et agir. L'existence exige une option franche : « Taille-toi dans telle étoffe d'existence que tu voudras, mais il faut tailler, et ainsi avoir choisi d'être de soie ou bien de bure ».
§ 84 - 87. Le tableau ouvert et l'arbitraire des modes
Le tableau des modes d'existence est fondamentalement ouvert ; ils sont en nombre indéfini, séparés par des hiatus. Les modes de l'être doivent être acceptés dans leur arbitraire et leur contingence.
Ces lacunes sont heureuses : elles ouvrent des voies vers des modes d'existence encore innommés que l'humanité doit conquérir. Souriau utilise deux métaphores : le peintre primitif qui compose avec les seules terres fournies par son sol, et le musicien rustique dont la gamme dépend des trous percés arbitrairement dans son pipeau. De même que l'invention du dièse a ouvert des univers musicaux nouveaux, de nouveaux modes d'existence peuvent être historiquement innovés.
§ 88 - 89. Le problème de l'unification : vers la surexistence
L'unification réelle de ces modes hétérogènes exige de passer au second degré de l'existence, c'est-à-dire au plan de la surexistence. La synthèse peut être surmontée par l'idée d'instauration.
L'acte d'instaurer est indissociablement une action (morphème) et la position d'un être constitué (ontique) ; elle est foncièrement ontagogique (conductrice d'être). Cette tentative nous projette vers la surexistence, hors du plan premier de l'existence que seuls les modes définissent légitimement.
CHAPITRE IV : DE LA SUREXISTENCE
§ 90 à § 91 - Introduction : La tension fondamentale entre réalité et existence
Au seuil de cette étude sur la surexistence, Souriau pose une distinction fondamentale et parfois antagoniste entre la valeur d’existence (choisir un mode pur, s’y tenir avec courage et s'y limiter) et la valeur de réalité (rechercher la plénitude, l’alliance et le cumul des modes).
Si exister exige de renoncer à la totalité pour « prendre parti » pour un mode unique (physique, psychique, etc.), le désir d’unification pousse l'esprit vers une réalité supérieure. Ce conflit fait naître deux mouvements inverses : l'un, vers la pureté de l'existence modale ; l'autre, vers la plénitude de la réalité. Cependant, s'arracher à la plurimodalité pour sauvegarder l’existence est un déchirement ; inversement, s’élever vers une réalité supérieure risque de nous détacher de l’existence même. C’est cette polyphonie interne — où les différents modes d'existence agissent comme les instruments d'une harmonie qui dépasse leur propre plan — qui pose la question de la surexistence. Celle-ci ne se définit pas par une simple supériorité morale ou de valeur, mais par un passage rigoureux à des problèmes de l'existence du second degré.
§ 92 à § 99 - Archéologie et apories de la surexistence
L’idée de surexistence s'inscrit dans une filiation néo-platonicienne majeure (Plotin, Denys l'Aréopagite, Maître Eckhart) où le divin ou l'Un est pensé au-delà de l'Être. Toutefois, tenter d’unifier les existences par simple abstraction logique mène au piège de l’existence générique, une idée si vide qu'elle se confond avec son contraire.
Souriau précise que sa surexistence diffère de celle de Plotin : chez Plotin, le surexistant est l'origine des existences et non leur couronnement. À l'époque contemporaine, Léon Chestov rappelle que dire « Dieu existe », c'est immédiatement le perdre. Contre l'unification par abstraction, Souriau invoque Edmond Goblot : augmenter l'extension en appauvrissant la compréhension ne crée qu'une unité illusoire. L'existence d'une unité réelle exige un acte résolutoire autonome capable d’ajouter concrètement l'existence aux conditions de réalité préalablement définies ; c'est une question imparfaite au sens de Descartes, c'est-à-dire où les données initiales sont insuffisantes ou incomplètes pour résoudre d'emblée le problème par simple déduction. Elle exige donc un acte inventif, constructif ou résolutoire de l'esprit pour combler le manque, ajouter ce qui fait défaut et faire advenir la solution.
§ 100 à § 104 - Confrontations métaphysiques (McTaggart, Kant et Renouvier)
Souriau défend l'idéal de l'« Homme le plus Réel » — un être complet unifiant les modes physique, psychique et spirituel — contre les approches qui séparent l'existence de la réalité. Il réinterprète également les antinomies de Kant comme des conflits entre modes (plérôme synaptique vs plérôme ontique) et dénonce l'illusion du totum potestativum qui voudrait tout réaliser sans effort d'invention.
Pour McTaggart, une réalité non existante n’a aucun intérêt pratique ; Souriau affirme au contraire que cet homme total n'existe que si la polyphonie de ses expressions dessine une harmonie supérieure. Concernant Kant, la thèse envisage le monde comme un plérôme synaptique (série d'étants) tandis que l'antithèse le voit comme un plérôme ontique (totalité de choses). L'unité plurimodale de ces univers est une équation du second degré.
Enfin, Souriau critique les personnalismes simplistes (Renouvier) : synthétiser des modes disparates (le saint, le guerrier, l'artiste) exige l’invention d'une forme d'être absolument nouvelle et non donnée d'avance. En voulant tout mélanger d'emblée, on dissout les distinctions essentielles ; l'exploration de la surexistence doit s'appuyer sur l'expérience ordonnée de l'instauration.
§ 105 à § 108 - Le Plérôme et ses Éons
La surexistence est un Plérôme structuré, habité par des Éons (entités surexistentielles) situés aux intersections des différents modes d'existence. Elle pose des problèmes de second et troisième degré.
C’est à cette intersection que se situent des concepts comme le Dieu de Malebranche, le Surhomme de Nietzsche ou l'Homme total de Novalis. Souriau distingue l’être bathique (unité comme fondement) de l’être terminal (unité comme achèvement). Vouloir unifier ces principes eux-mêmes revient à poser un problème du troisième degré, frontière ultime de la pensée. Le surexistant ne peut se refléter que de manière spéculaire et énigmatique (per speculum in ænigmate) au sein d'un mode déterminé, sans jamais y être contenu.
§ 109 - Le Témoignage et le « Pâtir »
Chez Souriau, la vérité et la connaissance de la surexistence ne relèvent pas d’une simple « similitude » — une copie ou une adéquation abstraite entre l'idée et la chose —, mais d’une correspondance entre des modes d'existence hétérogènes. Le sujet n'observe pas cette réalité de l'extérieur ; il entre en relation active avec elle par ce que Souriau nomme le « pâtir du surexistentiel » et l'action instaurative.
Pour illustrer cette vérité, Souriau recourt à l'épisode de Suzanne et les vieillards. Face à l'accusation mensongère des vieillards — dont les contradictions sur l'emplacement du crime (le lentisque d'un côté, le chêne vert de l'autre) révèlent la fausseté de leur propos sur le plan de la simple existence factuelle —, surgit par contraste la présence indubitable et résistante de l'arbre vrai, qui relève de la surexistence. Dans la surexistence, pensée et objet ne se contentent pas de se copier : ils se répondent dans un système d'écho.
Éprouver cette réalité exige du sujet qu'il accepte d'être transformé. Subir le surexistentiel, c'est ressentir le fait d'être affecté par cette vérité comme une passion véritable. Ce « pâtir » est notre unique manière authentique de témoigner pour ce qui sur-existe.
Cette dynamique trouve son illustration la plus pure dans l'acte artistique : l'œuvre la plus réelle — qu'il s'agisse de la pierre sous le ciseau de Michel-Ange ou des accords de Beethoven — n'est pas un simple produit de fabrication humaine. Elle naît de la rencontre exacte et réciproque entre des formes cherchant leur matière et des matières cherchant leurs formes, accédant ainsi à la pleine surexistence.
§ 110 à § 111 - L'Art d'exister et l'Éthique de l'instauration
L'ontologie débouche sur une règle de justice immanente : être un esprit, c'est témoigner pour la réalité qui unifie le corps et l'âme. Cette construction repose sur la « pauvreté heureuse » de l'existence, qui permet l'invention de modes nouveaux.
Bâtir des demeures concrètes et des structures de culture pour l'« homme le plus réel » est un engagement dans les voies de l'instauration. L'existence n'étant pas achevée, elle laisse le champ libre à la création de réalités inédites au sein de la surexistence.
Souriau conclut sur la polyphonie et le chant d’Amphion : il est nécessaire que certaines choses n'existent pas pour que nous ayons à les faire. Chaque inflexion de notre voix existentielle soutient des réalités plus hautes, capables d'éveiller chez les Dieux mêmes la nostalgie de l'exister.
Glossaire général des concepts de Souriau
Concepts fondamentaux
Concepts complémentaires
Modulation enharmonique : Métaphore musicale désignant une transformation globale de structure sans changement des éléments composant le système.
Question imparfaite : Question dont les conditions théoriques sont connues mais dont la solution existentielle n'est pas encore instaurée.
Les 10 notions indispensables pour une première lecture
Pour aborder efficacement Les différents modes d'existence, dix concepts forment le véritable squelette conceptuel de l'ouvrage :
- Existence pure
- Phénoménique
- Réique
- Ontique
- Instauration
- Anaphore
- Morphèmes de l'existence
- Sémantèmes de l'existence
- Intermonde
- Surexistence
Le prochain billet, le second du triptyque Plans et Modes de l'Existence, sera consacré aux commentaires personnels de cet ouvrage de Souriau, de même qu'aux réflexions en rapport avec le vécu lui-même. Ce sera la première livraison du Nouveau Journal du lecteur.
