📖 Bref CV professionnel (cliquer pour développer)
Docteur-Vétérinaire (Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, 1970-1974,
Doctorat vétérinaire, 1975). Remplaçant praticien dans diverses
clientèles rurales de l’ouest de la France (1974-1975) puis service
national comme VSNA en Algérie (1975-1976). Délégué vétérinaire SICA Noë
(1977).
À partir de 1978, Diplômé de l'Institut Pasteur et Docteur en
Microbiologie (Lyon, 1990), chercheur à l’INRA, spécialiste des toxines
bactériennes.
Détaché à l’École Vétérinaire de Davis (Californie, 1984-85) et à la FAO
à Rome (Nations-Unies, 1991-92). Directeur de recherches, direction des
laboratoires IHAP (Toulouse) et IASP (Tours). Coordination du réseau
européen EMIDA (2008-2012).
Profil complet :
GOOGLE SCHOLAR.
Quelques éléments permettant de comprendre les grandes étapes d’un parcours
de 12 ans environ (2014 - 2026). Je me suis contenté d'extraire de la
centaine de billets publiés jusqu'ici des éléments de bilan. Le tout est
assez décousu mais cela reflète les jalons, les errances, les bégaiements et
en fin de compte l'évolution générale vers la construction du modèle d'Unus
mundus que j'ai appelé Panodia et qui est en cours de finalisation (Avril
2026).
2014 — 2023 : L'INITIATION ET LA DÉCOUVERTE
De 2014 à 2023 (période interrompue de 2018 à 2022 par des
travaux historiques
dans le domaine médical et vétérinaire), j'ai été initié à la philosophie
par la lecture de divers philosophes, historiens de la philosophie et
critiques littéraires (Bachelard, Bergson, Poulet, De Libera, Hadot,
Collingwood). Cette étude s'est concrétisée par la rédaction de résumés
détaillés assortis de commentaires personnels de certaines de leurs œuvres
(voir page
Résumés).
Cette étude m'a permis de découvrir un territoire de pensée qui m'est devenu
peu à peu familier puis de formuler une sorte de synthèse personnelle, tout
cela étant rapporté, pas à pas, dans le
journal du lecteur. La pensée dispersée du début s'est ainsi resserrée autour de quatre axes
thématiques personnels, à forte résonance autobiographique :
-
(1) la réception du monde extérieur (cosmos, nature, temps, espace,
éléments);
-
(2) la réalité du soi, sa part dans l'identité individuelle, de
l'altérité;
-
(3) les temps de l'existence, de la mémoire et de l'histoire;
-
(4) la notion d'idéal dans la conduite de l'intellect, l'existence
théorétique.
Ces thèmes constituent les motifs principaux du
Testament philosophique, qui les orchestre et les rattache de manière concrète à l'existence du
lecteur en tant que personne générique, c'est-à-dire à la fois singulière et
faite de tout ce dont les autres sont faits.
Entre autres effets positifs, le
Journal a contribué à affranchir le
lecteur de deux notions obsessionnelles,
l'être et le moi, qui
entravent l'engagement intellectuel sans concourir à l'unité et à la
continuité temporelle de la personne (voir le billet :
L'écriture de soi et l'usager des mots).
Le livre
Le Bâillement de Socrate, issu du journal après une sévère révision (janvier 2024), marque la fin
d'une décennie entière de réflexion sur la place des idées dans ma vie, moi
le lecteur, et sur ma place dans le monde des idées. Il m'a fallu du temps
pour comprendre que l'étude philosophique était parvenu à un certain état
d'achèvement, après une dizaine d'années consacrées à remettre de l'ordre
dans mes pensées. Rétrospectivement, on pourrait parler d'une expérience
d'
introspection philosophique, voire de cure philosophique. Je
dispose désormais d'une signification acceptable de ma vie. Le présent peut
reprendre ses droits, sans regard en arrière ni frustration de ne pas être
autre. Les modèles intellectuels qui ont accompagné mon existence ces
dernières années m'ont permis de définir mes limites personnelles,
ma finitude.
FIN 2024 : RÉFLEXIONS EXISTENTIELLES
Ces derniers mois (fin 2024) j'ai cherché la meilleure manière de donner
une suite au blog, tout en lui préservant sa nécessité
existentielle (voir en particulier les billets
Et après
et
Les formes naturelles). Plusieurs approches ont été discutées, chacune représentant un lecteur
potentiel donc un
soi possible ou, en cas de rejet, un
soi sacrifié.
J'ai, dans un premier temps, pris l'option de centrer mes lectures sur
l'approfondissement des thèmes personnels, ceux qui sont récurrents dans
le Journal du lecteur et qui forment la charpente du
Testament philosophique. J'ai pensé que le thème de la Nature, qui
constitue un des piliers de la doctrine personnelle, pouvait être un bon
choix pour commencer, ce thème étant capable d'agréger à lui tous les
autres, donc de garantir un traitement organique (et non pas analytique)
de la doctrine personnelle. Cette option thématique sous-entend que je
suis, moi le lecteur, le propre concepteur de mon système philosophique,
le garant de son unité et, par ailleurs, que je suis capable de le
développer au delà de la formulation du testament philosophique, qui me
satisfait pourtant par rapport aux attentes de la vie présente.
L'autre voie consiste en une approche par auteurs, dans la continuité de
ce qui a été accompli précédemment (voir mes
Résumés
commentés d'ouvrages). Ces auteurs, notamment Bergson et Bachelard,
n'avaient pas été retenus au hasard mais parce qu'ils traitaient de thèmes
que je considère comme intimes, ceux liés à la Nature en particulier. Par
ailleurs, mon intérêt pour un critique littéraire tel que Georges Poulet,
manifesté dès le début de mon parcours, tenait à son projet de dresser le
profil philosophique des écrivains et des poètes, c'est-à-dire à
rechercher l'essence de leur personnalité dans la conjonction d'intuitions
métaphysiques en rapport avec le temps et l'espace. Ce projet est celui
que je tente de m'appliquer à moi-même.
Poursuivre et parachever l'étude, déjà bien engagée, de ces auteurs
impliquerait que je me mette dans leur pas et que je ne sois pas au centre
de la réflexion. Toutefois, mes thèmes familiers pourraient rester en
arrière-plan, les considérations personnelles se trouvant dans les
commentaires accompagnant les résumés. Dans les deux cas (thèmes ou
auteurs), la personne (moi, lui, elle) reste le lieu où les idées
trouvent leur nécessité et leur cohérence. La priorité n'est pas
d'enrichir le butin des connaissances philosophiques mais d'améliorer la
capacité à réfléchir et à méditer. Ma démarche reste existentielle, la
philosophie n'étant importante qu'à proportion du soutien concret qu'elle
apporte à la vie.
2025 : UN PROGRAMME DE LECTURE EN TROIS VOLETS
Sur cette base, j'ai composé au début de l'année 2025 un programme
pluriannuel en trois volets qui ensemble forment un tout à mon image :
Physique,
Poïétique et
Ethos. Le contenu du programme
ainsi que les relations entre les thèmes que je me propose d'y inclure sont
détaillés dans le billet :
Physique, poïétique et éthos : un programme de lecture. À la date de rédaction (mai 2025), j'imagine que ce programme pourrait
durer environ 3 ans. Mais je ne veux surtout pas dissocier les trois volets.
C'est pourquoi je compte structurer ma réflexion selon des cycles de
plusieurs mois incluant des éléments relevant des trois.
Voici le premier billet du cycle 1 entrant dans le programme général avec
ses 3 volets formant un tout : physique, poïétique, éthos. Ce cycle 1
sera constitué comme suit :
1. Le lecteur et Jung. Analyse psychologique ou exercice spirituel.
Conquête de l'inconscient. Formes platoniciennes et archétypes jungiens. Les
emprunts de Gaston Bachelard à Carl G. Jung (éléments naturels, alchimie).
Image et art-thérapie (Gilbert Durand). Dialogue avec le physicien Wolfgang
E. Pauli sur les relations corps/esprit/conscience. Comparaison avec les
conceptions des physiciens quantiques et philosophes Bernard d'Espagnat et
de Michel Bitbol. Les brisures de l'âme et les multiples visages du monde.
Lignes de partage dans la philosophie de l'esprit et, partant, dans la
théologie chrétienne : Trinité ou Quadernité. Convergences et
coïncidences avec la philosophie chinoise (Richard Wilhelm). Dépasser le Soi
Jungien ou le prévenir (James Hillman). L'inconscient comme source et comme
ressource.
2. Le lecteur et Plotin. Chorégraphie comparée de l'âme chez
Ravaisson, Bergson et Plotin. Conversion-procession et
contemplation-création. Célébration de la tradition gréco-latine
(syncrétisme néoplatonicien) par rapport à la voie théologique de la
scolastique tardive (Eckhart, de Cues). Base bibliographique : ouvrages de
Pierre Hadot et Alain de Libéra.
3. Le microcosme du jardin. Synthèse allégorique de ce qui précède
(ciel et source), mouvements, transpositions et métamorphoses. À partir de
l'ouvrage de Philippe Nys :
Le jardin exploré, une herméneutique du lieu (1999). Une
représentation du cosmos (néoplatonisme renaissant, Cassirer, Foucault).
Description des deux jardins du lecteur : le réel (Clos Saint Gilles)
et l'idéal, le jardin mental Psychélis.
"Le lecteur est le récepteur possible d'une pluralité. Rien n'est plus
difficile que de se départir du devoir, considéré comme presque moral,
d'être Un... nous ne sommes, chacun d'entre nous, que les organes et les
instruments d'un tout dont nous percevons les multiples influences. Si la
vérité peut s'atteindre, elle ne siège en aucun d'entre nous."
L'intellect humain semble capable d'un mimétisme plus ou moins accompli,
c'est-à-dire d'emprunter successivement des formes partielles ou en
réduction de l'intellect absolu, intellect absolu dont on n'est pas
pour cela obligé de croire en l'existence. L'écueil pour le lecteur serait
de n'adopter qu'une de ces formes ou, puisqu'il en adopte ici plusieurs, de
ne pas rechercher leur cohérence et leur complémentarité — notamment dans
une dynamique spontanée d'alternance — en utilisant l'humble
ressource du langage humain [Mai 2025].
Février 2026 : COMMENT EST NÉ PANODIA
PANODIA est né du besoin de configurer ma vision du monde unique, de le
caractériser, de lui conférer les qualités qui en feront un compagnon fiable
pour les années qu'il me reste à vivre. Il est né principalement du besoin
de dépasser la stase intellectuelle à quoi se réduit
la fixation en Dieu (ou son contraire) associée à la croyance en la
Providence (ou sa négation) ; de me préserver des pièges spirituels
et des ornières idéologiques ; de résister enfin aux séductions de la
dialectique des manuels de philosophie (esprit vs matière ; sujet vs objet,
immanence vs transcendance etc...). Pensée tellement encadrée qu'elle finit
par faire oublier qui pense, pourquoi l'on pense et ce à quoi l'on croit.
Quand je considère mon parcours depuis une douzaine d'années, non plus cette
fois le progrès intellectuel mais l'évolution psychologique, je note une
double émancipation : dans un premier temps, allègement du poids du passé
pour ne préserver que ce qui nourrit positivement le présent et, dans un
deuxième temps, résistance aux déterminations irréversibles. Préservation en
somme des possibles. Refus d'identification définitive. Tout ceci explique
mon modèle d'Unus mundus, mieux peut-être que les considérations
théoriques : il guide les progrès du lecteur sur le chemin de
l'indifférenciation et il est conçu à son usage personnel, comme une vision
portative du cosmos à l'image des doctrines antiques, de l'épicurisme
surtout.
Physique : un monde de phénomènes respectant les données des
sciences contemporaines, notamment de la physique quantique et de
l'évolution biologique.
Canonique : (1) une grammaire de phénomènes-signes interprétables
par la sémiose et la phanérosocopie de C.S. Peirce ; et (2) un ordre
replié archétypal à partir duquel le réel phénoménal se déploie selon des
plans de représentation multiples et interconnectés.
Éthos : l'individu passager (Homo viator) au sein d'un monde
en perpétuel devenir, la personne caduque, et le temps qu'il lui reste.
Modèle cosmo-phénoménologique pour un temps qui, de décompté, devient
indéfini. Croyance sur mesure, ouverte, indissociable de l’étude — donc du
devenir et de la découverte individuelle — à l’écart de tout dogme
religieux. Visant à amplifier l’existence et à offrir un cadre
d’instauration du lecteur au sein du Tout. La transcendance que le modèle
implique — signification des phénomènes, ordre cosmique originaire — est
indicible. Elle fait un tout avec l'immanence.
"J’ai 73 ans et le lecteur m’a porté jusqu’ici, il m’a déposé sur ces
confins. Il m’a équipé d’une doctrine de fin de vie, m’a allégé des
pesanteurs du passé et mis en garde contre certaines ornières de la pensée.
Il m’a appris à voir les choses du bon côté et à ne pas rester en équilibre
instable sur le fil fragile tendu entre scepticisme radical et aspiration
spirituelle."
Si j’étais raisonnable, je devrais donc léguer ce programme à quelqu'un qui
a plus de temps que moi devant lui. Cependant la lecture des ouvrages
théoriques de la liste s'impose si je veux disposer de concepts
philosophiques et d'outils de sémiologie permettant d'analyser le réel
phénoménal en Panodie, d'approfondir les fondements archétypaux de
Unusia, l’ordre implicite, et de permettre l'instauration de la
personne au sein de cet ordre. Au premier rang de ces sources
intellectuelles je place la philosophie de C.S. Peirce dont j'ai l'intuition
qu'elle répondra pleinement à mon attente.
Quant aux modèles littéraires de la déprise, j'ai un temps pensé pouvoir me
replier sur des valeurs intimes de mon passé de lecteur (Rousseau, Gide,
Nerval, Guérin, Giono, Gracq). Ils m'ont détourné du moi pour me guider vers
le Tout. Mais sont-ils les plus indiqués pour accompagner le lecteur
dans son ultime métamorphose ? Représentent-ils un mode de déprise assez
permanent et assez radical ? J'en doute. Il me faudra des liqueurs plus
fortes, comme Pessoa, Musil et les autres.
2026-2027+ : ETHOS DE PANODIA
Mis à jour le 3/09/26
La formulation de la Canonique et de la Physique de Panodia a atteint un stade jugé satisfaisant du point de vue de l’intelligibilité, de la cohérence rationnelle, de la plausibilité scientifique, et du respect des croyances de base. Ayant consacré de nombreuses lectures spécialisées à la Canonique (Jung, Peirce) et à la Physique (Rovelli, Smolin, Sheldrake), je voulais faire la même chose pour l’Éthos, ou manière dont l'être humain habite le monde, ou encore sa posture fondamentale face à l'existence. C'est bien en effet la finalité d'une doctrine telle que Panodia : le modèle d'intelligibilité du monde doit accompagner le projet existentiel et le porter.
L'Éthos n'est toutefois pas une étape qui commencerait maintenant, une fois la Physique et la Canonique achevées. Il était déjà présent dès les premières formulations du
Journal du lecteur. Les trois piliers se sont construits simultanément et se sont progressivement ajustés les uns aux autres afin de former un ensemble. Quand j’élaborais mon discours sur la Canonique et sur la Physique, j’en mesurais, explicitement ou non, la justesse à l’aune de l’Éthos, pilier érigé au cœur de l’existence personnelle.
Il m’appartient donc d’en rendre compte en mobilisant mon propre fonds, à côté de l'abstraction philosophique et synergiquement à elle, matériaux sur la littérature et sur la vie que j'ai dispersés dans ce blog depuis 15 ans (
Journal du lecteur, Résumés commentés, Essais divers, Testament philosophique, Billets sur Panodia).
Je n'hésiterai pas par ailleurs à identifier des lectures complémentaires propres à enrichir la réflexion sur les cinq thèmes - personnels, dominants et indissociables - que me suggère la relecture de mes billets antérieurs, à savoir :
-
(1) la Mémoire individuelle comme quête inachevable de Signes;
-
(2) la variété des plans et des modes de l'Existence personnelle;
-
(3) le primum movens du Désir et la nécessité d'Autrui;
-
(4) la Nature telle qu'éprouvée : Éléments, Formes, Substance(s);
-
(5) l'accession à la Conscience première et à l'Indistinction.
jean.de-rycke@orange.fr
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